Bellenger : en progrès

Trois soirées de concerts / 1 compositeur / 9 compositions / 13 interprètes / une présentatrice qui présente

Soirée 3

La troisième et dernière soirée de “Bellenger : en progrès” se déroulera le mardi 13 avril 2010 à la Société de Curiosités à 20h30 (fermeture des portes à 21h).

Réservation : lasocietedecuriosites@gmail.com

Infos pratiques (adhésion, prix, adresse) : http://instantnet.wordpress.com/la-societe-de-curiosites/

Le programme original a été modifié comme ça:

1) Diffusion de la pièce OAOAAOAOAOO (2007)
Durée : 17’21’’

Composition multipiste pour support inspirée d’une série de toiles du peintre Albert Oehlen de 2007. J’ai voulu ici travailler la transparence des sons, leurs chevauchements, le mélange des matières et la citation d’éléments hétéroclites, comme dans la peinture d’Oehlen. J’ai utilisé des sons de synthétiseur analogique et de disques vinyles. Il s’agit d’une composition graphique intuitive. Au final, ça me fait penser à la musique de certains films de David Lynch, ce que je n’avais pas du tout prévu ?!? Le titre quant à lui fait référence aux initiales du peintre autrichien et à celle de mon collègue de Frankfurt, Oliver Augst, à qui cette pièce est dédiée.

2) Plock 2 (2009)
Durée : 27’
Quentin Dubost et Julien Skrobek : guitares

Pause

3) Diffusion de Stok (2005)
Durée : 20’12’’

Autre composition multipiste pour support. Ici les sons viennent de disques vinyles et de tourne-disques. Il s’agit là encore d’une composition graphique intuitive issue d’une série de 4 et publiée sur le label ARR (voir : www.dt-bs.com)

4) Diece piece for three samplers (2006)
Durée : 13’
Avril Bénard, Karine Ducours, Édith Msika : samplers

Présentation : Édith Msika

Composition, direction : Alexandre Bellenger

Soirée 2

La deuxième soirée de “Bellenger : en progrès” se déroulera le mardi 19 janvier 2010 à la Société de Curiosités à 20h30 (fermeture des portes à 21h).

Réservation : lasocietedecuriosites@gmail.com

Infos pratiques (adhésion, prix, adresse) : http://instantnet.wordpress.com/la-societe-de-curiosites/

Le programme original a été modifié comme ça:

DD5 (2002/2009)
Durée : 13 minutes
Avec :
Quentin Dubost : guitare
Julien Skrobek : guitare


PERLABORATION (2008)
Durée : 31 minutes
Avec :
Alexandre Bellenger : synthétiseur analogique


Decades after J.C. (2004)
Durée : 25 minutes
Avec :
Quentin Dubost : gong
Antoine Marroncles : gong
Miho : bâtons de pluie
Dan Warburton : bâtons de pluie
Julien Skrobek : tourne-disques
Stromvarx : tourne-disques

Note sur la composition Perlaboration :

Trois sources majeures ont contribué à la création de la pièce « Perlaboration ». La première est issue du domaine littéraire, la seconde du domaine musical et enfin la troisième du vocabulaire psychanalytique. L’élément littéraire est à l’origine même de ce travail : il est là avant. C’est une idée déjà présente bien avant d’entreprendre la composition de la pièce. L’élément musical, lui, intervient en cours de travail, comme par hasard, à l’écoute d’un disque. Enfin, l’élément psychanalytique intervient a posteriori, après l’enregistrement de la pièce. Ou bien, pour être encore plus précis, il intervient dans la dernière phase, la phase de finalisation du travail, au moment des ébauches finales. C’est le titre de la pièce. Voilà de quoi il s’agit.

Photos prises par J. Skrobek lors de la répétition de la soirée 1 à la Société de Curiosités

Photos prises par J. Skrobek lors de la répétition de la soirée 1 à la Société de Curiosités

Message

Merci à tous pour votre présence, votre participation et l’accueil réservé à la première soirée!

Dates et lieu

Les trois soirées “Bellenger : en progrès” auront lieu à La Société de Curiosités à Paris dans le onzième arrondissement.

La première soirée aura lieu le mardi 8 décembre 2009 à partir de 20h30.

La Société de Curiosités

Adhésion : 5 euros (sur place)

Réservation nécessaire : lasocietedecuriosites@gmail.com

Plus ici : http://instantnet.wordpress.com/la-societe-de-curiosites/

Par Julien Skrobek

Notre génération est passionnée par le jeu et l’expérimentation musicale, plus que par l’improvisation pour elle-même. Sans en exclure le potentiel créatif et ludique, l’improvisation ne représente à nos yeux qu’un des moyens à notre disposition pour rendre la vie passionnante. D’ailleurs, toute « libre » ou « non-idiomatique » qu’elle se proclame, elle fournit également cadre et recettes pour un résultat « satisfaisant ».

La composition musicale est un moyen important pour ceux qui veulent introduire le principe du jeu dans leur existence. En effet, tout jeu comporte des règles.

Dès lors, nous nous retrouvons confrontés à la sempiternelle question des musiciens à répertoire: « que jouer ? »

Des noms sont soumis à l’approbation générale: Alvin Lucier ? Christian Wolff ? Morton Feldman ? John Cage ? David Tudor ? Etc.

On voit bien dans cette série de noms soumis spontanément que « l’histoire est passée par là ». Leurs compositions sont « restées » et dormaient dans notre conscience collective. Notre conscience collective est-elle la nouvelle académie de musique ?

La question n’est plus « que jouer » mais quelle tentative glorieuse du passé allons-nous ressusciter ? Or, nous voulons JOUER, dans tous les sens du terme, même lors du choix initial de la composition.

Pourquoi nous contenter de jouer telle ou telle composition parce que les « spécialistes » d’hier ont jugé qu’elles étaient des « chefs d’oeuvres » ou des « classiques » ? Autant de termes auxquels nous dénions aujourd’hui toute pertinence.

Le choix opéré parmi les compositeurs du passé ferait de nous-mêmes des « fins connaisseurs », position intenable pour des tenants du jeu libre et collectif.
Le compositeur compose. Si il a de l’ambition, il garde à l’esprit la postérité. Il en appelle à l’avenir, juge éclairé et intègre, mais qui arrive, hélas, toujours trop tard !

Est-il possible de jouer des compositions, de jouer selon des règles édictées par quelqu’un d’intelligent, tout en court-court-circuitant ce système de reproduction de l’ « oeuvre durable » ?

Pardi ! Cette belle jeunesse dont nous parlons, est également constituée de compositeurs. Il suffit qu’ils s’approprient aujourd’hui toutes les compositions d’un des leurs. Aucune limite, sinon l’appropriation par tous de l’oeuvre et de sa cohérence.

Sans attendre le jugement des experts, nous nous constituons un répertoire collectif, dans lequel nous ajouterons ou puiserons au fur et à mesure. Nous connaissons l’homme et sa musique, nous nous y reconnaissons. Se reconnaître dans l’autre, aujourd’hui, c’est déjà s’exprimer soi-même.

Puisque ces compositions, ces jeux, font partie de notre vie, nous allons créer un moment musical réel au lieu de nous promener mentalement dans les musées et les livres d’histoire des grands irréguliers de la chose musicale.

Plutôt que « répertoire », on pourrait dire que nous voulons constituer un « folklore », forme collective et vivante dont l’objectif n’est pas de faire de l’un des nôtres un petit maître. Personne ici n’attend qu’on le dresse sur la tête des autres comme la statue sur son piédestal.

Le « work-in-progress », ce sera la vie du compositeur. Une ligne de vie tracée tout près de la nôtre et qui souvent vient la croiser. Alexandre Bellenger: en progrès.

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